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Maj le 30/04/2017

Le making of de la couv' - Page 6

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Le printemps dans toutes ses composantes : giboulées de mars et lumière de mai.


Une véritable métamorphose. Stéphanie ne s’est pas contentée de donner de la présence au fond blanc, elle a refaçonné son image. Elle a insufflé la vie. Et je pense au mythe de création sumérien, à l’assemblée des dieux, lorsqu’ils ont décidé de donner naissance à l’homme ; à l’argile inerte où ils ont mêlé la chair et le sang d’un des leurs.


Où Stéphanie a-t-elle puisé chair et sang pour animer l’argile de son esquisse ?


Jeanne a pris corps et je contemple un mystère.


Puis j’observe la technique, les différences entre les deux versions. Sur l’image finale, je remarque le sourcil moins incliné et plus épais. La nuance butée s’efface, mais la résolution demeure. La joue a pris du charnu, la lèvre est sensuelle et l’œil s’est éclairé, mais d’un étrange éclat qui annonce la solitude ultime et la désillusion. Oui, c’est bien le printemps dans toutes ses variations, jusqu’à l’hiver en embuscade ; c’est dans la bouche, je crois, et dans l’ombre sur la paupière. L’hiver inéluctable de sa destinée en marche. Jeanne se débat. Elle est tellement réelle.


 

Vite, j’envoie un mot enthousiaste à Cécile et Sophie. Je rassure et j’exulte. Cécile qui sait que je ne m’attarde pas à la boutique me renvoie un texto qui me parvient dans ma voiture. Sa réponse est à l’unisson de la mienne. Je me gare, renvoie quelques mots. L’excitation fait des bulles, puis je rentre en m’efforçant au calme.


Je montre la merveille à Françoise qui, à son tour, écarquille les yeux, mais en restant plus raisonnée que moi. Sa joie s’orne moins que la mienne de vrilles et de loopings.

J’écris à Stéphanie. Je lui enverrai le mot le lendemain.

Mardi. Fin d’après-midi,

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Mais cela ne me suffit pas. J’ai besoin d’épuiser ma joie. Lorsqu’on reçoit un tel présent, il faut remercier, honorer, ne pas induire par un accueil trop retenu que la faveur qui nous échoit est normale. Méritée ? Remercier qui ? Mais les goélands, bien sûr ! Et le vent, et l’océan qui me voient chaque jour déambuler. Oui, ce sont de bons vecteurs de dispersion. Et la joie dispersée se transmet mieux, contamine plus sûrement. Alors, je dissémine, en commençant par Françoise qui subit ma béatitude pendant des heures.


Puis j’écris pour essaimer davantage. À Cécile.

14 mai.

Réponse de Stéphanie.

Dans mon dernier courrier du 11 mai, le post scriptum dans lequel je demandais à Stéphanie l’autorisation de reproduire les étapes de son travail, se terminait par ces mots :


« Si cela vous dit d’ajouter votre point de vue, cela enrichirait encore le propos. »


Stéphanie n’avait pas répondu à ma proposition et je n’étais pas revenu à la charge. Je découvre aujourd’hui que c’était inutile : ELLE L’A FAIT ! Union parfaite, à admirer ici. Quelle joie !


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