L’ART DE L’ENFANCE, chapitre 10, L’enfant absoluDepuis mon tête-à-tête avec lui, je ne l’ai plus perdu de vue.
Il est mon chef de chœur,
mon guide de haut vol,
mon maître subtil qui me pèse au trébuchet les réussites et les échecs.
Il m’entraîne et je m’évertue à le suivre.
Il est l’élan,
la course en tête dans les étoiles.
Il est la paix du soir, dans le dernier reflet du soleil sur l’océan,
il est l’oiseau du matin qui encourage l’aurore à la ferveur,
le souffle d’une aile sur mon front,
l’empreinte d’un pied nu sur ma page de sable.
Il est l’ombre aussi, dans mon cœur.
Le chagrin, l’envie de renoncer à jamais.
Et le feu dans un regard d’enfant qui suffit à ranimer ma flamme de petit soldat.
Je ne l’atteindrai jamais.
Il est inaccessible.
Mais dans toute quête, n’est-ce pas,
c’est le chemin qui importe,
et nos efforts pour y demeurer centré, afin de ne pas ralentir la marche.
Pas d’atteindre un but,
qui s’éloigne toujours à mesure que l’on avance.


Cher grand Claude en allé,


