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Maj le 30/04/2017

La création du monde la_creation_du_monde2.jpg

Editions Hachette, 2004

Couverture de Charlotte Gastaut

Extrait

C’est à une grève des dieux que l’homme doit d’avoir été créé. C’est du moins ce qu’affirment les mythes de Babylone.


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Extrait

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Créer le monde ?

Quel casse-tête !

 où provient l’univers ? Comment est-il apparu ? Combien de temps durera-t-il ? Et l’homme sur la Terre ? Et les étoiles dans le ciel ? Et la vie ? Et la mort ? Depuis l’aube des temps, les hommes se sont toujours posé ces questions et n’ont jamais cessé d’imaginer des réponses.



  où provient l’univers ? Comment est-il apparu ? Combien de temps durera-t-il ? Et l’homme sur la Terre ? Et les étoiles dans le ciel ? Et la vie ? Et la mort ? Depuis l’aube des temps, les hommes se sont toujours posé ces questions et n’ont jamais cessé d’imaginer des réponses.


Depuis l’aube des temps, les hommes se sont toujours posé ces questions à l’infini et, depuis l’aube des temps, ils n’ont jamais cessé d’imaginer des réponses. Rudimentaires, simples, naïves, elle reflétaient l’idée qu’ils se faisaient de l’organisation du monde à partir de leurs expériences de tous les jours, de leurs observations. Ils en fabriquaient des histoires, avec une logique qui n’est plus la nôtre, où la raison s’accommodait de la magie et du merveilleux.


Ces histoires, ces mythes, leur fournissaient des explications plausibles et vraisemblables des grands mystères de la Création. A partir de ces explications ils concevaient leur vie, leur place dans le monde, organisaient leur pensée, se posaient de nouvelles questions, imaginaient de nouvelles réponses.


Nous continuons de procéder de la même manière aujourd’hui, sauf que notre expérience de la vie s’est enrichie au cours des millénaires et que nos outils d’observation sont devenus plus performants. La paléontologie, l’astronomie, la biologie, la géologie, l’archéologie sont quelques uns de ces outils.


Mais c’est parce que nos ancêtres savaient écrire que leurs mythes ont pu se transmettre, inspirer d’autres auteurs, obsédés par les mêmes questions sur l’origine du monde, qui ont écrit à leur tour, livrant leurs propres conceptions.


Ces textes ont voyagé à travers les peuples, se sont propagés d’un pays, d’une culture, d’une tradition à l’autre. Le commerce a souvent favorisé cette propagation. Mais la guerre aussi, la déportation des vaincus, l’esclavage, l’exil…


Les trois grand mythes de Création qui composent cet ouvrage sont proches cousins. Ils sont nés en Mésopotamie, en Palestine et en Arabie.


Les deux plus récents, tirés des traditions d’Israël et de l’Islam ont donné naissance aux trois grandes religions monothéistes : juive, chrétienne et musulmane.


En écrivant leur vision de la Création, les Babyloniens avaient une idée derrière la tête : prouver que le dieu protecteur de leur ville, Mardouk, était le plus grand de tous les dieux, parce qu’il avait non seulement créé le cosmos, mais qu’il avait organisé la vie jusque dans ses moindres détails. Ainsi, Babylone, protégée par le Roi-des-dieux-de-tout-l’univers, était bien la plus puissante des villes mésopotamiennes.


Je reviens à la traduction.

Pour être traducteur, il faut connaître la langue originale d’un texte. Or, je ne connais pas l’akkadien, la langue dans laquelle a été écrite « l’Épopée de Gilgamesh ». L’akkadien était la langue littéraire des habitants du pays de Sumer, il y a 3000 ans. Mais vous devez savoir cela, car vous avez étudié la Mésopotamie, puisque vous m’en parlez.


Cette épopée à la gloire de Mardouk, l’Enouma elish, a été écrite sur des tablettes d’argile en langue akkadienne, douze siècles avant notre ère, et son auteur a réutilisé pour le composer, des textes antérieurs qu’il a réécrits en les adaptant à son projet.


Les Hébreux, créateurs de la Bible, eux aussi, avaient un projet : raconter l’histoire du peuple d’Israël et les rapports privilégiés qu’il entretenait avec son Dieu ; affirmer aussi que ce Dieu était unique et rompre par là avec les religions polythéistes comme l’était celle de Babylone.


Plusieurs passages de la Bible évoquent la création du monde. Les deux premiers chapitres du livre de la Genèse sont les plus connus. Mais on trouve aussi des récits de la Création dans le Livre de Job, dans le livre des Psaumes ou celui d’Isaïe, par exemple.


Ces livres ne racontent pas tous la même histoire, parce qu’ils ont été écrits  à des époques différentes et par des auteurs qui développaient des points de vue personnels, en accord avec les idées de leur temps ou en fonction de leur propre vécu. Par exemple, on trouve dans certains récits hébreux des détails empruntés aux mythes de Mésopotamie, parce que leurs auteurs, emmenés en exil à Babylone après la prise de Jérusalem en -587 par Nabuchodonosor, s’étaient, là-bas, nourris de la littérature et des traditions de ce pays.


La Bible est une grande compilation. Ceux qui l’ont élaborée ont puisé dans un réservoir de textes qu’ils avaient sous la main, écrits au cours du premier millénaire avant notre ère. Certains de ces textes ont été retenus pour être intégrés au projet biblique. D’autres, qui proposaient aussi des versions de la Création, ont été écartés du projet. Mais ils n’en existaient pas moins. On les appelle  des textes  «apocryphes ».


Il est difficile d’harmoniser toutes ces versions, tant elles sont parfois contradictoires.


Cette difficulté est encore plus grande avec le Coran.


D’abord parce qu’il n’inclut pas comme la Bible de récits d’ensemble spécialement consacrés à la création de l’univers et qu’il disperse, tout au long de ses cent quatorze sourates, une foule de précisions sur le rôle du ciel, le Trône d’Allah, l’équilibrage de la Terre, le paradis, le jugement dernier… éparpillés au cœur des versets.


Ensuite, parce qu’à côté des indications du Coran s’est ajoutée, après la mort du prophète Mahomet, en 632 de notre ère, et jusqu’au Xème siècle, une foisonnante variété de commentaires qui forment le Hadith  (la Tradition). Ces commentaires ont été écrits par des auteurs, grands connaisseurs du Coran, en réponse aux questions de toutes sortes posées par les chefs musulmans d’alors.


En effet, les victoires remportées par les arabes aux VIIème et VIIIème siècle avaient agrandi leurs territoires et l’administration des populations au nom de l’Islam posait des problèmes aux chefs de communautés. Comment régler les litiges, organiser la vie familiale, répartir le butin, organiser la vie économique, quel statut donner aux peuples vaincus… en respectant les prescriptions de la religion ? Le Coran ne donnait aucune précision sur ces problèmes épineux et le prophète n’était plus là pour répondre. Il fallait donc interroger le livre sacré et l’interpréter. Ce fut la tâche des traditionnistes. Leurs interprétations sont parfois difficiles à accorder entre elles, déroutantes, mais toutes sont admises et viennent compléter le  texte révélé du Coran.


En ce qui nous concerne, nous avons écouté les paroles vénérables de nos vieux parents Babyloniens, Hébreux et Arabes. Nous les avons compilé à notre tour et nous nous en sommes inspiré comme ils ont fait jadis, pour servir notre projet: parler de la vie et évoquer notre curiosité, notre émotion, nos rêves, quand aujourd’hui nous levons les yeux vers les étoiles.


Dossier pédagogique