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Maj le 30/04/2017

Toucy

De passage à Toucy, dans l’Yonne, j’étais curieux de me rendre à l’église, quasiment sûr d’y rencontrer Jeanne.


Sans posséder de témoignage prouvant qu’elle s’était arrêtée dans cette ville, je savais qu’elle était passée à proximité, à deux reprises. La première, fin février 1429, au cours de son fabuleux voyage de 600 kilomètres, lorsqu’elle se rendait de Vaucouleurs à Chinon pour rencontrer le dauphin —  rencontre éblouissante dont les conséquences allaient bouleverser le cours de la guerre de Cent ans. La seconde, début juin de la même année, lorsqu’elle conduisait Charles à Reims, recevoir la couronne du sacre.


L’église de Toucy est une curiosité. Elle est fortifiée, ne possède pas de portail, car sa façade est obstruée par une maison bourgeoise, et l’on y pénètre par une entrée latérale.


Une fois dans la nef, après quelques pas, j’ai vite constaté que mon intuition était juste. Jeanne était bien là, dans la demi-clarté du bas-côté droit, à hauteur de l’autel, discrète.


Ni socle, ni piédestal, ni majesté apprêtée. Elle se tenait, debout à même le sol, proche d’un pilier, dans une modeste livrée de plâtre, tenant son précieux étendard de la main gauche.


Jeanne-Toucy1.jpgJ’ai aussitôt reconnu celle qui laissait venir à elle les hommes et les femmes à qui elle redonnait espoir en la vie, en la paix. Généreuse, disponible, à peine absorbée par sa contemplation, pour ne pas risquer de nous intimider.


Je me suis approché, ému. J’avais l’impression qu’elle m’avait donné rendez-vous, sans préciser ni le lieu, ni le jour, comme pour me suggérer : « Tu sauras bien. Il suffit que tu veuilles me trouver. »


Je me suis arrêté devant elle, encombré par ma joie. Je l’ai contemplée en silence et, sans me soucier de paraître ridicule aux yeux des visiteurs qui déambulaient dans l’église, je l’ai serrée dans mes bras.