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Maj le 04/11/2017

L’enfant sans tête

On me demande souvent de quelle manière je m'y prends pour récrire un texte ancien, conte ou mythe. On parle alors d'adaptation, terme, finalement, assez maladroit, qui occulte le travail d'écriture, lui retire son originalité et, au bout du compte, le déprécie. Adapter laisse penser qu'il suffit de broder, de bricoler au petit bonheur la chance…

J'ai déjà eu l'occasion de préciser ce que, pour moi, signifiait récrire, dans mon autobiographie d'auteur à jamais inédite et enfouie au fin fond de mon site, et dans les extraits de correspondance avec Valérie Rossignol au sujet de Gilgamesh, notamment dans la seconde Réponse de Jacques.

Je n'y reviendrai donc pas.


Au sujet de Tristan et Iseut, je cite souvent en exemple, chacun peut s'y référer (Tristan et Iseut, les poèmes français, la saga norroise, éditions Hachette, Livre de poche, lettres Gothiques), l'épisode de la traversée de la mer, d'Irlande en Cornouailles, au cours de laquelle Iseut est ramenée par Tristan à son oncle le roi Mark qui doit l'épouser. C'est au cours de cette navigation qu'ils boivent le fameux vin herbé, plus connu sous le nom de philtre d'amour.

Thomas d'Angleterre développe ce passage essentiel en neuf octosyllabes dans sa version (p. 334), et moi en une dizaine de pages dans la mienne (p. 185-194).


J'ai trouvé que L'enfant sans tête, qui figure dans mon recueil Khodumodumo et autres contes de monstres offrait une autre occasion de comprendre concrètement ce que signifie récrire. Ayant récemment rencontré de nombreuses classes de 6è, lectrices de ce livre et curieuses, elles aussi, de savoir comment je pratiquais, cela m'a décidé à mettre en ligne la version initiale de ce conte que j'ai utilisée.

Publiée en 1888 par le grand folkloriste français Paul Sébillot, elle se trouve dans sa Revue des traditions populaires (consultable sur Gallica, le site numérique de la BNF).


Les professeurs de français pourront l'utiliser à loisir pour faire comprendre à leurs élèves ce que l'on appelle, en langage savant, l'intertextualité. Ceux qui n'ont jamais été ou ne sont plus profs le découvriront pour le fun, euh… pour le plaisir !

 


Voici donc ce texte